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14 juillet 1987

15 ans déjà!! ça ne me rajeunit pas...

Le 14 juillet 1987 restera à jamais gravé dans la mémoire des gens de Montréal... date mémorable, jour d'enfer, pour moi et pour bien d'autre gens aussi...

L'année 1987 aura amené un printemps de rêve pour les amateurs de chaleur, de beau temps et d'orage. À Pâques de cette année mémorable, il faisait plus de 30 degrés et on se faisait bronzer.

Juin avait eu son lot d'orages violents, dont une fois alors que j'étais étendue sur le lit de mon ami, au troisième étage, à me remettre d'une virée de la veille, quand la foudre est tombée pas très loin et que le transfo a explosé à 10 pieds de la fenêtre de la pièce où je me trouvais. Je me suis littérallement jetée en bas du lit.

Le 14 juillet, après des jours et des jours de canicule, en attente de pluie et d'air un peu plus frais, je suis avec ma concièrge devant notre immeuble à déconner et faire la danse de la pluie. Comme ça ne fonctionne pas, après le dîner, je vais voir mon copain qui travaille pas loin de chez moi dans un garage sous-terrain. Je vais y chercher un peu de fraicheur.

Pour situer un peu les gens, j'habitais à l'époque sur la rue Chabanel au coin de St-Laurent (à côté du poste de pompier) à Montréal.

Donc, nous allons mon copain et moi fumer une cigarette à l'extérieur et on déconne encore à faire la danse de la pluie. Mais cette fois, ho! miracle! ça marche!! Un orage!! Comme il n'y a pratiquement que des immeubles en hauteur sur cette rue, on ne l'avait pas vu arriver...

L'orage ne dure vraiment pas très longtemps, mais quelle intensité mes amis!! ouf!! Des pluies plus que diluviennes... Ça n'a pas changé grand chose dans la chaleur tropicale qui régnait, mais tout de même ce fut rafraichissant.

Soudain, un de mes voisins arrive et me dit que la concierge de l'immeuble où j'habite veut me voir tout de suite de toute urgence. En marchant lui et moi sur la rue, il me dit que les égouts refoulent dans le sous-sol et que la concièrge a monté mes chattes chez mon ami au troisième étage. Elle a aussi ouvert les portes de tous les logements du sous-sol et monté les choses pour les mettre dans les couloirs sur les étages (la plupart des locataires n'étaient pas très fortunés et sans assurances). Pendant ce temps, je commence à voir ce qui ce passe sur la rue; les gens sortent leur auto de leur garage et sortent les choses de leur sous-sol pour les mettre sur leur terrain. Ils auront fait tout ça pour rien les pauvres, parceque l'eau ne va pas qu'innonder les sous-sols mais les rues aussi...

Me voilà arrivée chez moi. Il y a déjà deux pieds d'eau dans mon logement. Je me mets à la tâche de sortir le plus de choses à moi et mes deux co-locataires de notre logement pour les mettre sur les étages, mais je n'ai pas le temps de faire grand chose car l'eau monte à une vitesse effrayante.

L'eau gicle de la toilette, du bain et des éviers comme s'il s'agissait de fontaines... L'EAU?? non, pas de l'eau, c'est de la merde, ce sont les égouts. Dans le temps de le dire, j'ai de cette merde jusqu'à la taille.

Je suis à enlever un tiroir d'une commode quand ma concièrge arrive et me crie "tasse toi, vite viens ici!!" et comme je m'éloigne, la fenêtre à côté de l'endroit où j'étais éclate et l'eau dégringole.

Les chutes Niagara sont maintenant dans ma chambre. Concentrée que j'étais à monter le plus de choses en haut, je n'avais pas regardé dehors. Il y a trois pieds d'eau partout, partout partout dans les rues, sur les terrains... la rue Chabanel a l'air d'un fleuve.

Les pompiers arrivent dans mon immeuble et nous interdisent maintenant d'aller au sous-sol. Dernière vision que j'ai: toutes mes choses et mes meubles flottent et se promènent partout dans mon logement.

Je vais au premier étage, je suis sale, et on ne peut même pas se laver un peu car on a plus d'eau, plus d'électricité et plus de téléphone.

L'autre côté de la rue est plus élevé que ce côté-ci et il y a une taverne. On peut aller s'y réfugier. Un de mes co-locataires me fait signe d'aller le rejoindre, mais le hic?? je ne suis pas capable de traverser la rue parceque le courant m'emporte. Mon co-loc étant fait grand et fort, il vient me chercher en compagnie d'un autre gars de la taverne. C'était complètement fou.

Une fois dans la taverne, miracle, le téléphone publique fonctionne!! Je téléphone à ma mère et ouf!! par chance, elle n'est pas innondée chez elle. Elle me donne les nouvelles et me conseille de rester où je suis. J'apprends la mort d'une personne jusqu'ici, noyée dans sa voiture sur l'autoroute Décarie. Je rassure un peu ma mère et lui dis que je la rappellerai pour la tenir au courant.

Je suis à la porte de la taverne, et je vois les gens et les pompiers retenir et repousser les autos, camions et autobus emportés par le courant, pour ne pas qu'ils s'enfoncent sur les immeubles et sur les gens.

Le coin de rue Chabanel et St-Laurent a l'air de rapides. Les deux courants qui se croisent font un remous épouvantable. On voit de tout dans ces nouveaux fleuves que sont devenus les rues, toute sorte d'objets, du linge, de la vaisselle, des feuilles de papiers, etc...

C'est hallucinant de voir tout ça sous un ciel bleu et un soleil maintenant resplendissant!

Mon copain de l'époque qui travaillait sur ma rue et qui s'inquiétait et me cherchait depuis un bout de temps me retrouve enfin. Il téléphone chez lui et apprend soulagé qu'il n'est pas innondé!! Son ami nous offre le transport puisque sa voiture est stationnée dans un secteur non innondé (Ho! y'a des secteurs non innondés??)

Me voilà donc qui retraverse chez moi avec mon escorte pour aller me préparer un peu de linge que j'ai réussi à sauver. Mon ami et voisin me dit de laisser mes choses dans son logement au 3ième pour le moment. Je repars donc sur une petite rue à côté de chez moi pour me rendre à la voiture de l'ami de mon copain avec mon sac à dos et mes deux chattes dans les bras. Ces dernières auront fait ca comme des pros; elles n'ont même pas cherché à se sauver, mes petites chattes d'intérieur qui n'avaient jamais été dehors.

Ça nous aura pris deux heures faire le trajet jusqu'à la demeure de mon copain, trajet qui prend habituellement 15-20 minutes :-| Presque chaque fois que l'on prenait une rue, on devait rebrousser chemin parceque c'était innondé :-(

Finalement, nous sommes arrivés sains et sauves, j'ai pu téléphoner à ma mère et enfin me laver!!!

Le lendemain, je vais à mon logement. C'est fou se promener dans les rues, il y a des débris partout. Et l'odeur, mais l'odeur!! une odeur d'égout flotte partout dans l'air, beurk!!

Arrivée chez moi, c'est indescriptible, on se croirait dans un film de fin du monde... Il y a des pompes partout, le sous-sol de mon immeuble n'est plus innondé, mais les dégats!! ouf!! Mon immeuble était communiquant avec l'immeuble d'à côté par la salle de lavage... j'ai retrouvé de mes choses jusque dans l'immeuble d'à côté et des choses appartenant à mes voisins dans mon logement :-/

Ma mère et son conjoint sont venus dans des voitures différentes et un chargement de gros sac poubelles, et ont embarqué nos vêtements dans leurs coffres d'auto.

J'aurai passé le reste de mon été à nettoyer, renettoyer, et rerenettoyer mes choses. Il restait toujours une fine poudre bleutée venant des égouts. On devait laver, relaver et rerelaver sans arrêt, désinfecter, redésinfecter et reredésinfecter...

Pendant ce temps, ma mère et son conjoint lavaient et étendaient sur la corde à linge, relavaient et reétendaient, et rerelavaient et rereétendaient nos vêtements...

J'ai pu récupérer certaines choses grâce à ma mère et son conjoint. On a récupéré beaucoup de nos vêtements, mais certaines chose ne pouvaient pas être récupérés impregnées qu'elles étaient de l'odeur des égouts qui ne partait pas.

J'ai perdu tout mes meubles. Les seules choses récupérables ont été certains vêtements, la vaisselle, les bibelots qui n'ont pas cassés. Tout mes souvenirs, mes photos irrécupérables, mais j'étais vivante, sans blessure, en santé ainsi que mes deux fideles minounes dont une est décédée à l'âge vénérable de 18 ans à l'été 2000.

Je suis déménagée trois fois entre ce fameux 14 juillet et le mois d'octobre. Ça m'a pris un an pour tout racheter ce que j'avais perdu.

Cette date aura renforcé ma passion du temps violent à jamais. La seule blessure que j'aurai eu sera celle de la crainte de revivre un enfer comme celui-là. À chaque pluie diluvienne, je suis toujours sur mes gardes. Je n'ai plus jamais habité dans un sous-sol depuis et aujourd'hui, propriétaire d'une maison en campagne, à chaque pluie diluvienne, je suis toujours à faire la navette de temps en temps au sous-sol pour voir si ma pompe fonctionne bien...

Do
Québec, Canada


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depuis le 4 septembre 2002

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