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Une tornade française

Nous sommes le 4 juillet 1975 et j’ai 11 ans à l’époque. Un orage s’abat sur Matha (Charente Maritime) dans la soirée, alors que le Tour de France est passé chez nous dans l’après-midi. Je suis chez moi, seul à rêvasser devant la porte-fenêtre de la cuisine en regardant voltiger les feuilles sous le vent.

Tout s’est alors passé très vite.

D’abord j’ai entendu, bien localisé derrière moi, un ronronnement insistant qui petit en petit s’est transformé en mugissement de plus en plus fort. J’ai vite compris que quelque chose se rapprochait de notre maison. Inquiétant.

Les autres témoins m’ont ensuite raconté. Un cône presque noir, très large en hauteur, venait de toucher le sol au SO de notre bourg (là où j’étais placé, je lui tournais le dos étant orienté à l’E). La tornade a alors commencé son bonhomme de chemin, endommageant plusieurs structures et transportant toutes sortes d’objets qui tournoyaient en l’air, et a fini par prendre la direction NE, notre direction. Sous les yeux des témoins elle arrive dans le cimetière juste derrière notre maison, saccage en enfilade une soixantaine de tombes dont elle descelle les pierres tombales en projetant pierres, crucifix, pots de fleurs… aux alentours. Les gens l’ont ensuite vue se diriger droit sur notre maison.

Très vite, j’ai commencé à voir des débris arriver par l’arrière au-dessus du toit, en même temps que le vent se mettait à souffler de l’arrière en secouant la vitre de plus en plus violemment. Le mugissement en quelques secondes est devenu un indicible hurlement qui m’a vrillé les oreilles. Je me suis replié sur moi-même terrorisé, ne comprenant rien à ce qui m’arrivait.

Et puis tout a soudainement basculé dans l’enfer. On s’est retrouvés tout d’un coup noyés, aveuglés dans une nuée gris marron qui nous a bombardés de toutes sortes de saletés avec une violence inouïe. La vitre s’est bombée à en éclater. Tout s’est mis à trembler, le sol, les murs….. Les bras dérisoirement repliés sur mon visage, je voyais avec effarement les débris fuser à l’horizontale devant moi.

À ce moment-là, je ne sais pas ce qui m’a pris… Un coup de folie. Je me suis jeté à droite de la fenêtre secouée pour tenter d’apercevoir de l’autre côté la cause de tout ce tintamarre.

Et c’est là que j’ai pris en pleine face la vision la plus extraordinaire et la plus terrifiante que j’aurai jamais eue de toute ma vie : une énorme muraille noire tourbillonnante d’une incroyable puissance, rétrécie vers le sol, d’où jaillissaient des myriades de débris, et dont même à proche distance on pouvait voir l’élargissement dès les premiers mètres de hauteur. Elle venait juste de nous dépasser par la gauche et commençait déjà à s’éloigner en nous surplombant de toute son immensité, nous libérant progressivement de son buisson de débris.

J’ai cru devenir fou, hypnotisé, le souffle coupé devant cette vision. Une vision dantesque qui toute ma vie durant est revenue hanter des cauchemars récurrents, et fera que longtemps je ne supporterai même pas la vue d’une toupie qui tourne ou le bruit du train qui passe.

Un miraculeux concours de circonstances m’a préservé en même temps que la vitre : la tornade aurait été un chouia plus proche ou se serait présentée de face, pour moi c’était l’hôpital ou la morgue, défiguré par l’explosion de la vitre. Ne faites surtout pas la connerie monumentale que j’ai fait en restant près de la fenêtre !

L’immense cône noir nous aura soufflé la cheminée et une partie de la toiture… et raflé nos lourdes poubelles de jardin, qu’on a retrouvées à quelques 400-500 m de là en pleine campagne (détail objectif qui me permet de dire que la colonne est passée au plus près à moins de 10 mètres du mur le plus proche de notre maison, et à 15 m environ de moi).

Il a ensuite fait bien d’autres dégâts le long du bourg, sur une longueur d’à peu près 1 km 500. Longtemps, les gens l’ont ainsi vu s’éloigner (durée 4 à 5 min ?) et je ne sais pas où il a pu se dissiper.

Nicolas
Villeurbanne (France)


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depuis le 3 janvier 2006

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